Présentation

Je questionne les rapports étroits qu’entretiennent expérience et œuvre ; la photographie envisagée dans des notions d’espace, de temps, de sculpture se focalise alors sur l’acte sculptural. Le corps omniprésent révèle le lieu de l’action, soit par sa présence directe dans ce désir de fusion au lieu, soit dans une action qui tend à le définir ou a en donné une vision onirique. Les espaces choisis sont souvent des milieux naturels où les seules traces de passage, du passé sont en voie de disparition.
Le corps présent, sans visage, sans connotations sociales, lui tend à l’anonymat, à l’universel. Entre Nature et Culture, la quête d’harmonie semble ici perpétuelle. Les corps de l’œuvre, de l’homme et de la nature jouent ici de révélateurs du lieu, de son histoire. Le dialogue qu’entretient la photographie avec la nature, témoin d’une déambulation, d’un parcours, d’une prise de contact avec le lieu, n’engage pas seulement la seule capacité visuelle mais est une épreuve physique, matérielle, engageant le corps.
Je joue avec des images qui d’une accessibilité immédiate tentent de questionner les sens, la conscience, les pulsions instinctives et affectives du spectateur dans un jeu d’apparition, de disparition, de renversement pour l’inviter à se confronter lui-même, au lieu, à l’action.

 

Plusieurs axes de recherches :


Les anthropomorphies

Photogrammes d’un corps incrusté dans la surface de la photo, du lieu. Phantasme d’une fusion entre corps et espace où le corps redessine l’espace, s’immerge dans le processus de révélation, sur le papier photo qui, telle une peau tendue, une empreinte, se fond dans la véracité de la présence du corps.

Corrélémentaire

Corrélémentaire est un titre issu d’un jeu de mots entrelacés : corps/élément/terre – corrélation – corps élémentaire…
L’anagramme ainsi formé implique le « lecteur » de l’œuvre au sein d’un univers ou l’homme et le monde de la nature se rejoignent, s’entrelacent.
Il s’agit ici d’un contact du corps, nu donc sans aucune connotation sociale, en relation directe avec le paysage dans une tentative de fusion, de révéler le lieu par sa présence, son action. La photographie est une invitation à se projeter dans un corps universel, sans nom, sans visage qui nous rappelle les relations étroites que nous entretenons avec la nature, nos pulsions de fusion. Elles tentent de questionner les rapports de son propre corps au monde

Les actions sculpturales :
Ces photographies sont l’aboutissement de l’action, souvent des actions simples effectuées avec les éléments rencontrés sur le lieu (tracer un passage, empiler, creuser). Le moment de la monstration est pris en compte et il est souvent le prolongement de l’action, une métonymie qui invite les lieux d’action et de monstration à dialoguer, à emmener le spectateur dans un interstice, un entre-deux lieux, voire un non-lieu.
Chute ascensionnelle
Cette série a été réalisée dans la forêt de l’Isle-Adam, dans une carrière abandonnée où des traces de passage,
d’appropriation (graphes) sont visibles. Ici la présence du corps n’est perceptible que par le résultat de l’action sculpturale qui a eu lieu. La mise en exposition joue du regard du spectateur et tente de l’inviter au vertige d’une ascension vers un puits de lumière qui, comme analogue au phénomène photographique, nous invite dans une réflexion liée à l’espace sculpturale de la photographie et de ses prolongements dans l’espace de monstration.


Révélations

Dans ce jeu sculptural avec la photographie, d’empreinte, de contact, d’apparition, il m’est naturellement apparu la nécessité de sculpter le lieu avec la lumière. Ce sont des poses très longues où la déambulation du corps lumineux, révèle le lieu. Le corps présent se fond dans le temps de l’action et n’est plus qu’une apparition, un feu de lumière de l’action.

L’Œuf, abri précaire.
Cette série est composée d’un choix de neuf photographies prises sur une période de neuf mois. L’objet est la réalisation d’une “coquille” en plâtre, sans armatures, faite exclusivement avec et pour le corps.